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Un site industriel n’est pas soumis au décret tertiaire pour ses ateliers de production. Mais ses bureaux, ses locaux sociaux, son restaurant d’entreprise ou ses laboratoires le sont, dès lors que les surfaces tertiaires du site atteignent 1 000 m². Beaucoup d’industriels le découvrent tardivement, souvent au moment où ils traitent une autre obligation : l’audit énergétique réglementaire, dont le périmètre a changé en 2025.
Le décret tertiaire (article L174-1 du CCH, décret n° 2019-771) vise les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments d’un même site hébergeant des activités tertiaires. Sur un site industriel, cela recouvre typiquement :
Les surfaces de production, elles, sont hors champ. Le seuil de 1 000 m² s’apprécie sur le cumul des surfaces tertiaires du site. Un bâtiment administratif de 600 m² et des locaux sociaux de 500 m² sur la même emprise suffisent donc à déclencher l’obligation. Notre page qui est concerné détaille les règles d’appréciation.
Les surfaces tertiaires d’un site industriel se déclarent dans les catégories correspondant à leur usage réel : bureaux, restauration collective, enseignement ou formation, logistique, etc. Chaque catégorie a sa valeur absolue, composée d’une part chauffage-ventilation-climatisation, qui dépend de la zone climatique et de l’altitude, et d’une part usages. Il n’existe pas de catégorie « industrie » au sens du décret tertiaire : c’est précisément parce que la production en est exclue.
Sur de nombreux sites, un même point de livraison d’électricité ou de gaz alimente à la fois la production et les bureaux. Or seules les consommations tertiaires se déclarent dans OPERAT. Trois approches existent :
Le choix de la méthode conditionne l’objectif. Une répartition imprécise peut faire apparaître une trajectoire impossible à tenir, ou au contraire une baisse artificielle. Elle doit être cohérente d’une année sur l’autre.
La loi n° 2025-391 (article 25) et le décret n° 2025-1382 du 29/12/2025 ont remplacé le critère de taille d’entreprise par un critère de consommation :
L’audit porte sur l’ensemble des consommations de l’entreprise, process compris, alors que le décret tertiaire ne vise que les surfaces tertiaires. Les deux démarches gagnent à partager la même cartographie des consommations et le même plan de comptage : c’est souvent l’audit qui fournit les clés de répartition nécessaires à OPERAT. Détails sur audit énergétique obligatoire et seuils 2,75 / 23,6 GWh et ISO 50001.
Les surfaces tertiaires mobilisent les fiches BAT (BAT-TH-116 pour la GTB de classe A ou B, BAT-EQ-127 pour la LED, non cumulables entre elles, BAT-TH-163 et 164 pour les pompes à chaleur avec coup de pouce chauffage tertiaire jusqu’aux travaux achevés avant le 31/12/2027). Les actions sur le process et les utilités relèvent des fiches industrielles, notamment IND-UT-102, IND-UT-103, IND-UT-117 et IND-UT-134, ainsi que IND-BA-110 et IND-BA-116 pour les bâtiments industriels. Le rôle actif et incitatif de l’obligé doit être formalisé avant la signature du devis. Voir fiches CEE tertiaire et industrie.
Pas pour ses surfaces de production. En revanche, les bureaux, locaux sociaux, restaurants d’entreprise ou laboratoires du site sont concernés si leur surface cumulée atteint 1 000 m² sur un même site. Le propriétaire et l’occupant de ces surfaces doivent alors déclarer leurs consommations dans OPERAT et suivre une trajectoire de réduction.
Il faut isoler la part tertiaire, idéalement par sous-comptage, à défaut par une clé de répartition argumentée et documentée. Cette méthode doit rester stable dans le temps pour que la trajectoire ait un sens. Installer des sous-compteurs dès maintenant sécurise les déclarations futures et la vérification de 2031.
Non. Ce sont deux obligations distinctes. L’audit, déclenché au-delà de 2,75 GWh/an, porte sur toute l’entreprise et impose un plan d’actions. Le décret tertiaire impose une trajectoire de résultat sur les seules surfaces tertiaires. Les mener ensemble permet d’utiliser les mêmes données et d’éviter deux diagnostics successifs.
La certification ISO 50001 dispense de l’audit énergétique périodique lorsqu’elle couvre le périmètre requis. Au-delà de 23,6 GWh/an, elle devient obligatoire au 11/10/2027. Elle ne dispense pas du décret tertiaire, qui reste une obligation de résultat sur les surfaces tertiaires, déclarée chaque année dans OPERAT.