Secteur · Restauration
Un restaurant isolé de 400 m² n’est pas assujetti au décret tertiaire. Mais un réseau de restauration l’est très souvent, sans toujours le savoir : restaurants implantés dans des centres commerciaux ou des immeubles mixtes, cuisines centrales, laboratoires de production, sièges administratifs. Et la cuisine professionnelle concentre des consommations que peu d’autres activités tertiaires atteignent au mètre carré.
Le seuil s’apprécie sur le bâtiment, la partie de bâtiment ou l’ensemble de bâtiments d’un même site hébergeant des activités tertiaires. Pour la restauration, trois cas se présentent :
C’est pourquoi un réseau doit d’abord cartographier ses sites, au cas par cas. Notre page qui est concerné détaille les règles d’appréciation du seuil.
La restauration dispose de sa propre catégorie dans OPERAT, déclinée en sous-catégories selon le type de service et de production. Un site peut aussi relever de plusieurs catégories : une cuisine centrale avec bureaux, un restaurant intégré à un hôtel, une restauration d’entreprise au sein d’un immeuble de bureaux. Pour chaque surface, le choix de la sous-catégorie et des indicateurs d’intensité d’usage (amplitude d’ouverture, nombre de couverts ou de repas, selon la fiche applicable) détermine la valeur absolue cible. Les fiches officielles sont accessibles sur le site du ministère.
| Poste | Équipements | Particularité |
|---|---|---|
| Cuisson | Fours, pianos, friteuses, grills, plaques | Équipements souvent allumés bien avant le service |
| Froid | Chambres froides, armoires, vitrines, machines à glace | Fonctionne en continu, 24 h/24 |
| Extraction et compensation | Hottes, caissons d'extraction, air neuf réchauffé ou refroidi | Débits souvent fixes, quelle que soit l'activité |
| Eau chaude et plonge | Production d'eau chaude, lave-vaisselle | Fortes pointes de besoin |
| Salle | Chauffage, climatisation, éclairage | Poste plus classique |
La cuisine pèse généralement plus que la salle, mais l’ordre exact dépend du concept (restauration rapide, traditionnelle, collective). Seul un relevé, au moins sur quelques sites types, permet de le confirmer pour votre réseau.
Allumage séquencé des équipements de cuisson, extinction entre les services, fermeture des portes de chambres froides, dégivrage régulier : ces actions relèvent de procédures d’enseigne et de la formation des équipes. Voir levier usages et sobriété.
Moduler le débit des hottes selon l’activité réelle de cuisson réduit à la fois l’électricité des ventilateurs et l’énergie nécessaire pour traiter l’air neuf de compensation. C’est un levier propre à la restauration, qui se dimensionne avec le cuisiniste et l’exploitant.
Maintenance des groupes, régulation, récupération de chaleur sur les condenseurs pour préchauffer l’eau chaude : à étudier sur les sites à forte production.
Le remplacement d’un équipement de cuisson ou de plonge est le bon moment pour retenir un matériel plus performant. Un cahier des charges commun au réseau évite les achats au coup par coup.
Sous-comptage de la cuisine, suivi des consommations par site, alertes sur les dérives nocturnes : pour un réseau, c’est ce qui permet de comparer les restaurants entre eux et de repérer ceux qui dérivent.
L’obligation pèse sur le propriétaire des locaux et sur le preneur, c’est-à-dire l’exploitant. Dans un réseau franchisé, l’exploitant est le franchisé, qui est le redevable juridique. Le franchiseur n’est pas directement visé, mais c’est lui qui maîtrise le concept, les équipements référencés et les procédures. En pratique, les réseaux qui avancent le mieux mutualisent la collecte des données et le catalogue d’actions au niveau de la tête de réseau, chaque exploitant restant responsable de sa déclaration.
En période P6 (2026-2030), les fiches tertiaires classiques s’appliquent aux restaurants assujettis comme aux autres : BAT-TH-112 (variateurs de vitesse, notamment sur les ventilateurs), BAT-EQ-127 (éclairage LED), BAT-TH-163 et 164 (pompes à chaleur, coup de pouce chauffage tertiaire pour les travaux achevés avant le 31/12/2027) et BAT-TH-116 (GTB de classe A ou B, non cumulable avec BAT-EQ-127). D’autres fiches visent des équipements de froid ou de récupération de chaleur ; leur éligibilité se vérifie par opération. Le rôle actif de l’obligé doit être formalisé avant la signature du devis. Voir fiches CEE tertiaire et industrie.
Oui, très probablement. Le seuil de 1 000 m² s’apprécie sur le bâtiment ou l’ensemble immobilier, pas sur votre local. Si le centre commercial dépasse ce seuil en surfaces tertiaires, votre restaurant est une entité assujettie. Vous devez déclarer vos consommations, ou vous assurer qu’elles le sont, en lien avec le propriétaire du centre.
Cela dépend de l’activité exercée et de son rattachement. Une cuisine centrale qui produit des repas pour un réseau de restauration est en principe une activité tertiaire, avec une catégorie dédiée dans OPERAT. Une unité de fabrication agroalimentaire relève plutôt de l’industrie, hors champ pour ses surfaces de production. Le rattachement se vérifie à partir de l’activité réelle et de son code NAF.
Non, la déclaration incombe au propriétaire et à l’exploitant de chaque site, donc au franchisé pour sa part. Le franchiseur peut toutefois organiser la collecte, fournir une méthode commune et proposer un mandataire. C’est souvent la solution la plus efficace pour un réseau, à condition que chaque franchisé valide ses données.
Oui, de deux façons. Les valeurs absolues intègrent des indicateurs d’intensité d’usage qui reflètent l’activité réelle. Pour l’objectif relatif, une modulation liée à la variation du volume d’activité est prévue par les textes. Dans les deux cas, il faut pouvoir justifier l’activité avec des données fiables, sur la durée.