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Décret tertiaire

Décret tertiaire : sanctions et contrôles, ce que vous risquez vraiment

Les sanctions du décret tertiaire sont souvent résumées à une amende de 7 500 €. C’est réducteur : la procédure est graduée, elle passe par la publication du nom des contrevenants, et ses effets les plus coûteux sont indirects. Cette page détaille qui contrôle, à quel moment, et comment se déroule la procédure, du simple défaut de déclaration à l’objectif manqué.

Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 4 min

L’essentiel
Autoritéle préfet, qui s'appuie sur les services déconcentrés de l'État
Deux manquementsdéfaut de déclaration sur OPERAT ; non-atteinte des objectifs
Procéduremise en demeure, programme d'actions, publication, amende
Amendejusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale
Textearticle L174-1 et article R185-2 du Code de la construction et de l'habitation

Qui contrôle, et quand ?

Le contrôle relève du préfet. Il dispose des données déclarées sur OPERAT et peut demander des justificatifs :

  • les justificatifs des consommations de l’année de référence, à fournir dans un délai de trois mois ;
  • le dossier technique justifiant une modulation, à fournir dans un délai de quinze jours.

Deux temporalités coexistent :

  • chaque année : le respect de l’obligation de déclaration au 30 septembre peut être vérifié ;
  • à chaque échéance décennale : l’atteinte des objectifs est évaluée au 31 décembre 2031, 2041 et 2051, sur la base de la dernière attestation numérique annuelle et des consommations ajustées du climat.

Depuis le 1er juillet 2026, la période transitoire est terminée : l’évaluation fondée sur l’attestation numérique et la publication de l’attestation ne sont plus facultatives.

Manquement n° 1 : le défaut de déclaration

Si vous ne transmettez pas vos données sur OPERAT, le préfet peut vous adresser une mise en demeure, assortie d’un délai de trois mois pour régulariser. Si la mise en demeure reste sans effet, la liste des mises en demeure non suivies d’effet peut être publiée sur un site internet de l’État.

Ce premier manquement est le plus simple à éviter. Il est aussi le plus visible : l’absence de déclaration se constate directement sur la plateforme. La déclaration annuelle est détaillée dans notre page OPERAT : déclarer pas à pas.

Manquement n° 2 : la non-atteinte des objectifs

Si, à une échéance, une entité fonctionnelle n’a atteint ni son objectif relatif ni son objectif en valeur absolue, après prise en compte des éventuelles modulations, la procédure suit plusieurs étapes.

Étape 1 : le programme d'actions

Le préfet peut exiger l’établissement d’un programme d’actions, élaboré conjointement par le propriétaire et le preneur. Il précise les actions prévues, les responsabilités de chacun, un calendrier prévisionnel et un plan de financement. Ce programme est soumis à l’approbation du préfet.

Étape 2 : les mises en demeure individuelles

Si aucun programme n’est présenté dans les six mois suivant la première mise en demeure, le préfet peut mettre en demeure chaque partie individuellement. Chacune dispose alors de trois mois pour présenter son propre programme.

Étape 3 : la publication

Si les programmes ne sont toujours pas présentés, la liste des mises en demeure restées sans effet peut être publiée sur un site de l’État. C’est le principe du « name and shame ».

Étape 4 : l'amende administrative

Après une seconde mise en demeure restée sans effet, une amende administrative peut être prononcée, jusqu’à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale. Son montant doit être proportionné à la gravité du manquement.

Le non-respect du programme approuvé

Un programme approuvé mais non exécuté peut lui aussi être sanctionné. Le préfet peut engager une procédure contradictoire, constater le manquement, prendre un arrêté motivé, le publier et prononcer une amende dans les mêmes limites.

SituationRéponse de l'administrationDélai
Déclaration OPERAT absenteMise en demeure, puis publication possible3 mois pour régulariser
Objectif non atteintExigence d'un programme d'actions conjoint—
Pas de programme conjointMises en demeure individuelles6 mois après la 1re mise en demeure, puis 3 mois
Pas de programme individuelPublication, puis amende après seconde mise en demeure—
Programme non respectéProcédure contradictoire, publication, amende—
Faire mon diagnostic gratuitFaire mon diagnostic gratuit

Au-delà de l'amende : les risques réels

Le montant de l’amende est modeste au regard de la valeur d’un actif tertiaire. Les conséquences les plus lourdes sont ailleurs :

  • La réputation : la publication des mises en demeure expose publiquement l’entreprise ou la foncière, auprès de ses clients, de ses locataires et de ses financeurs.
  • La valeur de l’actif : l’attestation numérique annuelle doit être annexée aux promesses et actes de vente ainsi qu’aux baux. Un bâtiment en retard sur sa trajectoire devient un sujet de négociation lors d’une cession ou d’une relocation.
  • La relation bailleur-preneur : l’obligation étant partagée, un retard crée un risque de désaccord sur la répartition des actions et des coûts.
  • Le rattrapage : plus l’action est tardive, plus l’effort à fournir d’ici 2030 est concentré, et plus il coûte.

Comment se mettre à l'abri

  1. Déclarer chaque année avant le 30 septembre, pour toutes vos EFA, et conserver les justificatifs.
  2. Sécuriser l’année de référence avant le 30 septembre 2027.
  3. Mesurer votre écart à l’objectif 2030 dès maintenant, pour disposer du temps nécessaire aux travaux.
  4. Déposer les modulations justifiées avant le 30 septembre 2027 pour la première décennie, avec un dossier technique solide. Voir notre page dossier de modulation.
  5. Formaliser un plan d’actions partagé entre propriétaire et preneur, avant même qu’il ne soit exigé. Voir plan d’actions et plan pluriannuel de travaux.

Un programme d’actions préparé en amont, avec calendrier et plan de financement, est exactement ce que le préfet demanderait en cas de retard. Le construire de façon volontaire, c’est transformer une contrainte en outil de pilotage.

Questions fréquentes

L’amende administrative peut atteindre 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale. Elle n’intervient qu’en fin de procédure, après mises en demeure restées sans effet, et son montant doit être proportionné au manquement. La publication du nom du contrevenant, ou « name and shame », peut intervenir avant l’amende.

Le préfet peut adresser une mise en demeure avec un délai de trois mois pour régulariser. Si elle reste sans effet, la liste des mises en demeure non suivies peut être publiée sur un site internet de l’État. La déclaration annuelle avant le 30 septembre est la condition de base pour éviter toute procédure.

L’atteinte des objectifs est évaluée au 31 décembre 2031 pour l’échéance 2030, puis au 31 décembre 2041 et au 31 décembre 2051. L’évaluation s’appuie sur la dernière attestation numérique annuelle produite par OPERAT et sur les consommations ajustées du climat, en tenant compte des modulations déclarées.

Oui. Le propriétaire et le preneur sont tous deux redevables. Si aucun programme d’actions conjoint n’est présenté, le préfet peut mettre en demeure chaque partie individuellement de présenter son propre programme. Les sanctions peuvent donc viser l’une, l’autre ou les deux parties, selon leurs responsabilités.

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