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Smart Tech

Décret BACS

Classe GTB : comprendre la norme ISO 52120-1 pour choisir le bon niveau

La classe GTB est l’indicateur qui permet de dire si votre système d’automatisation répond au décret BACS, et s’il peut être financé par les certificats d’économies d’énergie. Deux niveaux comptent : celui qui suffit pour être conforme, et celui qui ouvre droit aux aides. Ils ne sont pas les mêmes.

Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 4 min

L’essentiel
Norme de référenceNF EN ISO 52120-1, qui a remplacé la norme EN 15232
Quatre classesA (haute performance), B (avancée), C (standard), D (non performante)
Conformité au décret BACSla classe C est réputée conforme (guide d'application DHUP, janvier 2026)
CEE (fiche BAT-TH-116)seules les classes A et B sont éligibles
Évaluationfonction par fonction, pour chaque usage (chauffage, refroidissement, ventilation, eau chaude, éclairage, stores)

Ce que mesure une classe GTB

La norme NF EN ISO 52120-1 décrit les fonctions d’automatisation et de gestion technique d’un bâtiment, et leur contribution à la performance énergétique. Elle ne s’intéresse pas à la marque de l’automate ni au protocole de communication. Elle évalue ce que le système fait réellement : réguler une température par pièce ou seulement par zone, adapter le débit de ventilation à l’occupation, arrêter l’éclairage en l’absence de présence, remonter des alarmes de dérive, etc.

Pour chaque usage, la norme liste des fonctions, et pour chaque fonction, plusieurs niveaux de sophistication. Le croisement de ces niveaux détermine la classe atteinte. La classe globale d’un bâtiment est en pratique limitée par sa fonction la plus faible : une régulation de chauffage excellente ne compense pas une ventilation sans aucune régulation.

classe GTB, supervision par zone selon la norme ISO 52120-1

Les quatre classes, en termes simples

ClasseNiveauCe que cela signifie concrètement
DNon performanteRégulation absente ou rudimentaire, pas de suivi des consommations
CStandard (référence)Régulation automatique par zone, programmation horaire, suivi et alertes de base
BAvancéeRégulation fine (souvent pièce par pièce), adaptation à l'occupation, optimisation centralisée, suivi détaillé
AHaute performanceFonctions B complétées par une régulation à la demande et une optimisation coordonnée entre usages

Ces descriptions sont volontairement synthétiques. L’évaluation réelle repose sur les tableaux de fonctions de la norme, que nous appliquons fonction par fonction lors d’un audit de l’existant. Pour une lecture technique détaillée de chaque fonction, notre équipe publie des contenus spécialisés sur smt-en.com.

Classe C : le niveau réputé conforme au décret BACS

Le CCH ne cite pas directement de classe. Il fixe des exigences fonctionnelles (suivi horaire par zone, conservation des données, détection des pertes d’efficacité, interopérabilité, arrêt manuel). Le guide d’application du décret BACS publié par la DHUP en janvier 2026 indique qu’un système atteignant la classe C de la norme NF EN ISO 52120-1 est réputé conforme.

Cette présomption simplifie beaucoup la démonstration en cas de contrôle : une attestation d’évaluation en classe C, établie sur la base de la norme, constitue un justificatif solide. Elle ne dispense pas de vérifier que les exigences propres au CCH, comme la conservation mensuelle des données pendant cinq ans, sont effectivement assurées.

Ce que la classe C ne garantit pas

La classe C est un plancher réglementaire. Elle ne garantit ni un niveau d’économies ni l’atteinte de vos objectifs du décret tertiaire. Sur un bâtiment de bureaux à occupation variable, par exemple, l’écart entre une régulation par zone (C) et une régulation pièce par pièce adaptée à l’occupation (B) peut être significatif. Son ampleur dépend du bâtiment et doit être estimée au cas par cas, et non sur la base d’un pourcentage générique.

Classes A et B : le niveau qui ouvre droit aux CEE

La fiche d’opération standardisée BAT-TH-116 (« Système de gestion technique du bâtiment pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement/climatisation, l’éclairage et les auxiliaires ») finance l’installation ou l’amélioration d’un système permettant d’atteindre la classe A ou B. La classe C n’est pas éligible.

Cette différence change l’équation économique. Viser directement la classe B permet souvent :

  • de mobiliser des CEE qui réduisent le coût net de l’opération ;
  • d’obtenir des économies d’exploitation supérieures à celles d’une classe C ;
  • de ne pas devoir revenir sur l’installation quelques années plus tard pour atteindre les objectifs du décret tertiaire.

À l’inverse, une montée en classe B n’est pas toujours rentable : sur un bâtiment déjà sobre ou peu occupé, le surcoût peut ne pas être compensé. C’est précisément l’objet d’une étude comparative. Les conditions de la fiche sont détaillées sur notre page BAT-TH-116 : financer sa GTB.

Décret BACS : suis-je concerné ?Décret BACS : suis-je concerné ?

Comment est évaluée la classe d'un bâtiment existant

Une évaluation sérieuse suit une méthode reproductible :

  1. Inventaire des usages présents dans le bâtiment (chauffage, refroidissement, ventilation, eau chaude sanitaire, éclairage, protections solaires) et des zones fonctionnelles.
  2. Relevé des fonctions réellement opérationnelles, sur site et dans la supervision : ce qui est paramétré, et non ce qui figure dans la documentation d’origine.
  3. Cotation de chaque fonction selon les tableaux de la norme.
  4. Détermination de la classe atteinte par usage et pour le bâtiment.
  5. Plan de montée en classe : liste des fonctions à ajouter ou à paramétrer pour atteindre C (conformité) ou B (CEE et performance), avec une estimation des travaux à confirmer par consultation.

L’écart entre la documentation et la réalité est fréquent : des fonctions installées ont été désactivées, des sondes sont hors service, des programmations ont été contournées par les occupants. L’évaluation sur site est donc indispensable.

Choisir sa classe cible : les bonnes questions

  • Le bâtiment est-il soumis au décret BACS, et à quelle échéance ? (voir échéances 2030 et exemption TRI)
  • Quel est l’écart à l’objectif 2030 du décret tertiaire, et quelle part le pilotage peut-il couvrir ?
  • Les conditions de la fiche BAT-TH-116 sont-elles réunies (bâtiment de plus de deux ans, chauffage présent, absence de cumul interdit) ?
  • Qui exploitera le système, et avec quels moyens ? Une classe A mal exploitée produit moins qu’une classe B bien suivie.

Questions fréquentes

Selon le guide d’application de la DHUP publié en janvier 2026, un système atteignant la classe C de la norme NF EN ISO 52120-1 est réputé conforme aux exigences du décret BACS. Il reste nécessaire de vérifier que les exigences spécifiques du CCH, notamment la conservation des données pendant cinq ans, sont bien assurées.

La norme NF EN ISO 52120-1 a remplacé la norme EN 15232, longtemps utilisée pour classer les systèmes de GTB. Elle conserve le principe des quatre classes A à D et l’évaluation fonction par fonction. Les références anciennes à l’EN 15232 se rencontrent encore dans des documents et des fiches CEE antérieurs.

Non. La fiche BAT-TH-116 ne finance que les systèmes atteignant la classe A ou B. Une classe C suffit pour la conformité au décret BACS, mais ne permet pas de valoriser des certificats d’économies d’énergie au titre de cette fiche.

L’évaluation repose sur la norme et doit être menée par un professionnel compétent en régulation et en automatisme. Pour les CEE, la fiche BAT-TH-116 précise les justificatifs attendus. Un bureau d’études indépendant de l’installateur apporte une garantie supplémentaire de neutralité de l’évaluation.

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