Décret tertiaire
Décret BACS et décret tertiaire sont souvent traités séparément, par des interlocuteurs différents. C’est une erreur coûteuse. Le premier impose un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments, le second impose un résultat de consommation : une GTB bien conçue et bien exploitée sert les deux. Cette page explique comment faire du pilotage un levier de conformité rentable.
Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 5 min
Le décret BACS (articles R175-1 à R175-9 du Code de la construction et de l’habitation, modifiés en dernier lieu par le décret n° 2025-1343 du 26/12/2025) impose un système d’automatisation et de contrôle pour les bâtiments tertiaires dont le système de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW. Ce système doit notamment :
Le calendrier détaillé et les conditions d’exemption figurent sur notre page échéances 2030 et exemption TRI.
Le décret tertiaire n’impose aucun équipement. Il impose une baisse de consommation. La GTB y contribue de deux façons : directement, en réduisant les consommations inutiles (chauffage ou climatisation de locaux inoccupés, conflits chaud-froid, consignes inadaptées), et indirectement, en mesurant les consommations et en rendant visibles les dérives.
Un assujetti au décret tertiaire dont la puissance de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW est presque toujours concerné par le décret BACS. Concevoir la GTB uniquement pour cocher la case BACS, sans viser les économies, revient à payer une obligation sans en retirer le bénéfice.
De nombreux bâtiments tertiaires disposent déjà d’une GTB ou d’une GTC. Le constat que nous faisons régulièrement lors de nos audits est que ces systèmes sont rarement exploités à leur potentiel : plages horaires jamais mises à jour après un changement d’occupation, consignes forcées manuellement et jamais rétablies, alarmes ignorées, capteurs hors service, absence de rapport de consommation.
Avant d’investir dans un nouveau système, il faut donc examiner l’existant :
La remise en état et le reparamétrage d’une GTB existante font partie des actions à temps de retour court.
La norme NF EN ISO 52120-1 classe les fonctions d’automatisation de A (haute performance) à D (non performant).
Pour un assujetti au décret tertiaire, viser la classe B, voire A sur certains usages, est souvent pertinent : le surcoût par rapport à la classe C est en partie compensé par les CEE et par des économies supplémentaires. Le choix se fait au cas par cas, sur la base d’un chiffrage comparatif. Le détail des classes est présenté sur notre page classes GTB, et l’expertise technique GTB (architecture, protocoles, cahier des charges) sur smt-en.com.
La fiche d’opération standardisée BAT-TH-116 finance l’installation ou l’amélioration d’un système de gestion technique du bâtiment pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires. Ses principales conditions :
La bonification spécifique à la GTB a pris fin le 30/06/2024. La fiche reste néanmoins un levier de financement significatif, à condition de formaliser le rôle actif et incitatif de l’obligé avant la signature du devis. La fiche officielle est consultable sur la page des opérations standardisées du ministère. Voir aussi notre page BAT-TH-116 : financer sa GTB.
Le non-cumul entre BAT-TH-116 et BAT-EQ-127 impose un choix sur le périmètre concerné. Il faut comparer les volumes de CEE de chaque option et le calendrier des deux projets avant de valoriser l’un ou l’autre. Cet arbitrage est développé sur notre page levier éclairage.
Le pilotage ne se limite pas à la supervision centrale. Plusieurs actions de régulation contribuent à l’objectif :
Ces actions sont souvent intégrées au même projet que la GTB.
Si vous envisagez de moduler vos objectifs pour coûts disproportionnés, sachez que la réglementation fixe un seuil de temps de retour brut propre aux systèmes de contrôle et de gestion active, nettement plus court que pour les équipements ou l’enveloppe. Selon la FAQ OPERAT reprise par la DREAL Normandie, ce seuil est de 6 ans. En pratique, il est donc difficile de justifier une modulation sans avoir mis en place un pilotage efficace. Voir dossier de modulation.
Le décret BACS impose une GTB pour les bâtiments tertiaires dont le chauffage ou la climatisation dépasse 70 kW. Le décret tertiaire impose une baisse de consommation. Une même GTB, si elle est bien conçue et exploitée, répond aux deux : elle assure la conformité BACS et produit une partie des économies exigées par le décret tertiaire.
Pour le décret BACS, la classe C est réputée conforme selon le guide de la DHUP. Pour le décret tertiaire, aucune classe n’est imposée, mais seules les classes A et B ouvrent droit aux CEE via BAT-TH-116. Le bon niveau dépend de l’écart à combler et du chiffrage comparatif des options.
Non. La fiche BAT-TH-116 n’est pas cumulable avec BAT-EQ-127 (luminaires LED) ni avec BAT-SE-103 sur le même périmètre. Il faut donc choisir l’opération à valoriser, en comparant les volumes de CEE et le calendrier de chaque projet, avant toute signature.
Pas nécessairement. Une GTB ancienne peut ne pas assurer le suivi horaire par zone, la conservation des données pendant cinq ans ou l’interopérabilité exigés. Un audit de l’existant permet de mesurer l’écart à la conformité et de déterminer s’il faut compléter, reparamétrer ou remplacer le système.