Décret tertiaire
Dans la plupart des bâtiments tertiaires, le chauffage, la climatisation et la production d’eau chaude représentent une part majeure de la consommation d’énergie finale. C’est donc le levier qui peut faire bouger le plus fortement la trajectoire vers l’objectif 2030. C’est aussi celui où les mauvaises décisions coûtent le plus cher : un générateur mal choisi engage le bâtiment pour quinze ou vingt ans.
Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 4 min
Le décret tertiaire mesure l’énergie finale, toutes énergies confondues. Remplacer une chaudière fioul ou gaz par une pompe à chaleur réduit fortement la consommation d’énergie finale, car une PAC restitue plus d’énergie thermique qu’elle ne consomme d’électricité. C’est l’une des rares actions capables, à elle seule, de couvrir une part importante de l’écart à l’objectif.
Le gain réel dépend toutefois de nombreux paramètres : performance saisonnière de la machine, température de départ nécessaire aux émetteurs existants, qualité de la régulation, état de l’isolation.
Elle prélève les calories de l’air extérieur pour alimenter un réseau de chauffage à eau. C’est la solution la plus répandue en rénovation, car elle s’adapte aux réseaux hydrauliques existants. Points de vigilance : performance par grand froid, température d’eau compatible avec les émetteurs, emplacement et acoustique des unités extérieures. Fiche CEE : BAT-TH-163.
Elle puise l’énergie dans une nappe, un forage ou une boucle d’eau. Sa performance est plus stable, mais elle suppose une ressource disponible et des autorisations. Fiche CEE : BAT-TH-164.
Le système géothermique sur sondes ou sur nappe offre une performance élevée et durable. L’investissement initial est plus lourd, ce qui renforce l’intérêt des aides. Fiche CEE : BAT-TH-162. Le Fonds Chaleur de l’ADEME peut également intervenir sur la chaleur renouvelable, sous conditions (voir financer : CEE et aides).
Lorsqu’un réseau de chaleur est disponible à proximité, le raccordement supprime la chaufferie et ses contraintes d’exploitation. Fiche CEE : BAT-TH-127. Les consommations du réseau restent déclarées sur OPERAT en énergie finale.
Pour les bâtiments climatisés, le remplacement de groupes froids anciens, la réversibilité des PAC (BAT-TH-158 pour les PAC air/air) et la récupération de chaleur sur les groupes froids sont à étudier. La climatisation tertiaire est un poste en hausse avec l’évolution du climat : le plan d’actions doit l’anticiper, faute de quoi les gains obtenus sur le chauffage peuvent être effacés.
Le programme coup de pouce bonifie le volume de CEE attribué à certaines opérations qui remplacent un chauffage fossile par une solution renouvelable ou de récupération. Selon les règles en vigueur, la bonification s’applique notamment aux opérations suivantes :
| Fiche | Opération | Coefficient de bonification |
|---|---|---|
| BAT-TH-163 | Pompe à chaleur collective air/eau | ×3 |
| BAT-TH-164 | Pompe à chaleur collective eau/eau ou eau glycolée/eau | ×4 |
| BAT-TH-162 | Système géothermique | ×5 |
| BAT-TH-127 | Raccordement à un réseau de chaleur | bonification selon la charte en vigueur |
Condition calendaire déterminante : les travaux doivent être achevés avant le 31/12/2027. Compte tenu des délais d’étude, de consultation, d’approvisionnement et de chantier, un projet qui n’est pas lancé en 2026 ou au tout début de 2027 risque de manquer cette fenêtre.
Comme pour toute opération CEE, le rôle actif et incitatif de l’obligé doit être formalisé avant la signature du devis. Les conditions d’éligibilité précises (puissance, performance minimale, énergie remplacée, qualification de l’installateur) figurent dans chaque fiche, consultable sur la page des opérations standardisées du ministère. Les coefficients et conditions sont susceptibles d’évoluer : ils sont à reconfirmer au moment du montage de chaque dossier.
Changer de générateur sans revoir la régulation et la distribution limite fortement le gain. Avant ou en même temps que la PAC, il faut examiner :
Ces actions, souvent à temps de retour court, réduisent aussi la puissance nécessaire et donc le coût du futur générateur. Le lien avec la GTB est développé dans notre page levier pilotage.
Dans l’idéal, on réduit les besoins (isolation) avant de dimensionner le générateur. Dans la réalité, les cycles ne coïncident pas : une chaudière en fin de vie ne peut pas attendre un projet d’enveloppe prévu dans cinq ans. La bonne pratique consiste alors à dimensionner la PAC en tenant compte de l’isolation programmée, et à documenter ce choix dans le plan d’actions. Voir levier enveloppe et isolation.
Les certificats d’économies d’énergie, bonifiés par le coup de pouce « chauffage des bâtiments tertiaires » pour certaines opérations (PAC, géothermie, réseau de chaleur) dont les travaux sont achevés avant le 31/12/2027. Le Fonds Chaleur de l’ADEME peut aussi financer certaines installations de chaleur renouvelable, sous conditions d’éligibilité propres.
Souvent, mais pas systématiquement. Tout dépend de la température d’eau nécessaire aux émetteurs existants, de l’isolation, de la place disponible et des contraintes acoustiques. Une étude préalable permet de choisir la technologie (air/eau, eau/eau, géothermie, hybride) et d’éviter un sous-dimensionnement ou un surdimensionnement.
Selon les règles en vigueur, il s’applique aux opérations dont les travaux sont achevés avant le 31/12/2027. Le rôle actif et incitatif de l’obligé doit être formalisé avant la signature du devis. Compte tenu des délais, un projet doit être engagé suffisamment tôt pour respecter cette date.
Oui. Le décret tertiaire porte sur toutes les consommations d’énergie finale du bâtiment, y compris l’électricité consommée par la climatisation. Une hausse des besoins de froid peut donc compromettre la trajectoire. Le plan d’actions doit traiter le refroidissement au même titre que le chauffage.