CEE pour les entreprises
La fiche IND-UT-103 est la fiche CEE qui finance un système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air dans l’industrie. Un compresseur transforme la quasi-totalité de l’électricité qu’il consomme en chaleur. La capter pour chauffer un atelier, produire de l’eau chaude sanitaire ou alimenter un procédé est l’une des opérations les plus simples et les plus rentables d’un site industriel. La fiche est courte, mais elle comporte une exclusion et une règle de non-cumul à connaître.
Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 5 min
La fiche vise le secteur industriel. L’opération consiste à mettre en place un système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air, avec échangeur (huile/eau ou air/eau raccordé à un circuit de chauffage ou d’eau chaude) ou sans échangeur (tuyauterie ou gainage dirigeant l’air chaud de refroidissement vers les locaux).
Le volume de certificats dépend, selon la version en vigueur, de l’usage de la chaleur (chauffage de locaux et eau chaude sanitaire d’une part, procédé industriel d’autre part), du mode de fonctionnement du site (1×8, 2×8, 3×8 avec ou sans arrêt le week-end), de la zone climatique pour les usages bâtiment, et de la puissance thermique de l’échangeur ou, en son absence, de la puissance électrique nominale du compresseur. La puissance retenue est dans tous les cas limitée à la puissance électrique nominale du compresseur. Les montants figurent dans le texte officiel et ne sont pas reproduits ici.
La chaleur récupérée doit être utilisée sur place : chauffage des locaux, eau chaude sanitaire ou procédé industriel. L’usage retenu détermine la grille de calcul : la valorisation en procédé, indépendante de la saison de chauffe, est traitée différemment de la valorisation en chauffage.
Est exclu de l’opération tout système de récupération de chaleur interne au compresseur utilisé pour la régénération d’un sécheur d’air. Les compresseurs équipés d’origine d’un sécheur à adsorption régénéré par la chaleur de compression ne peuvent donc pas valoriser cette récupération au titre d’IND-UT-103. Le sécheur lui-même relève d’une autre fiche, avec ses propres conditions.
L’opération n’est pas cumulable avec les opérations relevant de la fiche IND-BA-112 (récupération de chaleur sur une tour aéroréfrigérante) si le compresseur d’air est connecté à cette tour. La fiche IND-BA-112 ayant été supprimée pour les opérations engagées à compter du 1er août 2025, cette règle ne concerne plus que les dossiers IND-BA-112 engagés avant cette date. La chaleur déjà valorisée au titre d’IND-UT-103 ne peut par ailleurs pas être comptée une seconde fois dans les fiches chaleur fatale du catalogue industriel.
La mise en place est réalisée par un professionnel. Aucune qualification particulière n’est exigée par la fiche, mais la note de dimensionnement de l’installateur peut servir de justificatif de puissance.
Comme pour toute opération CEE, l’offre de l’obligé doit être acceptée avant la signature du devis. Les opérations sur compresseurs sont souvent décidées vite, à l’occasion d’un remplacement : c’est précisément là que la chronologie se perd (voir CEE pour les entreprises).
Selon la version en vigueur, la preuve de réalisation dépend de la configuration :
La puissance thermique à retenir est celle de la plaque de l’échangeur ou, à défaut, celle de la note de dimensionnement ou du document fabricant. Une facture qui ne mentionne ni la puissance ni la référence de l’échangeur est la première cause de rejet sur cette fiche.
La récupération de chaleur ne réduit pas la consommation du compresseur, mais la chaleur récupérée remplace du gaz ou de l’électricité de chauffage. Elle se combine avec la déstratification du local chauffé (IND-BA-110) et avec le pilotage des compresseurs (voir décret tertiaire et industrie).
> Exemple illustratif (chiffres fictifs) : un site en 2×8 installe un échangeur huile/eau sur un compresseur à vis pour préchauffer l’eau d’un procédé de lavage. L’usage procédé, indépendant de la saison de chauffe, est retenu ; la puissance de l’échangeur est inférieure à la puissance électrique du compresseur et sert de base au calcul. La prime CEE couvre une part importante de l’échangeur et du raccordement. Les montants réels dépendent de la fiche, du mode de fonctionnement et du prix du MWh cumac obtenu.
Le volume de certificats est fixé par la fiche ; le prix de valorisation se négocie avec l’obligé ou son délégataire. Une mise en concurrence avant l’engagement améliore le ROI, même sur une opération modeste (voir valoriser ses CEE et notre offre de financement CEE).
Smart Tech, bureau d’études énergie indépendant, ne vend aucun équipement et n’est lié à aucun obligé. Nous intervenons pour :
La fiche IND-UT-103 finance la mise en place, par un professionnel, d’un système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air industriel, la chaleur étant valorisée sur site en chauffage de locaux, eau chaude sanitaire ou procédé. La preuve de réalisation mentionne l’échangeur et sa puissance thermique, ou le système de récupération par tuyauterie ou gainage, selon la version en vigueur.
Non. Tout système de récupération de chaleur interne au compresseur d’air destiné à la régénération d’un sécheur d’air est exclu de la fiche IND-UT-103. Seule la chaleur valorisée en chauffage de locaux, en eau chaude sanitaire ou dans un procédé industriel ouvre droit aux certificats.
La durée de vie conventionnelle est de 13 ans selon la version en vigueur. Le volume de certificats dépend en outre de l’usage de la chaleur, du mode de fonctionnement du site, de la zone climatique pour les usages bâtiment et de la puissance de l’échangeur, limitée à la puissance électrique nominale du compresseur.
Les deux opérations portent sur des équipements distincts et peuvent coexister sur un site. La fiche industrielle IND-UT-117 a toutefois été supprimée pour les opérations engagées à compter du 1er août 2025 ; en tertiaire, BAT-TH-139 reste en vigueur. Une même fraction de chaleur ne peut jamais être valorisée par deux fiches.